Sunday, December 24, 2006

Wings Of Desire, 1987, Wim Wenders



When the child was a child
It walked with its arms swinging,
wanted the brook to be a river,
the river to be a torrent,
and this puddle to be the sea.

When the child was a child,
it didn’t know that it was a child,
everything was soulful,

and all souls were one.

When the child was a child,
it had no opinion about anything,
had no habits,
it often sat cross-legged,
took off running,
had a cowlick in its hair,
and made no faces when photographed.

When the child was a child,
It was the time for these questions:
Why am I me, and why not you?
Why am I here, and why not there?
When did time begin, and where does space end?
Is life under the sun not just a dream?
Is what I see and hear and smell
not just an illusion of a world before the world?
Given the facts of evil and people.
does evil really exist?

How can it be that I, who I am,
didn’t exist before I came to be,
and that, someday, I, who I am,
will no longer be who I am?

(...)

It had visualized a clear image of Paradise,
and now can at most guess,
could not conceive of nothingness,
and shudders today at the thought.

When the child was a child,
It played with enthusiasm,
and, now, has just as much excitement as then,
but only when it concerns its work.

When the child was a child,
It was enough for it to eat an apple, … bread,
And so it is even now.

When the child was a child,
Berries filled its hand as only berries do,
and do even now,
F
resh walnuts made its tongue raw,
and do even now,
it had, on every mountaintop,
the longing for a higher mountain yet,
and in every city,
the longing for an even greater city,
and that is still so,
It reached for cherries in topmost branches of trees
with an elation it still has today,
has a shyness in front of strangers,
and has that even now.
It awaited the first snow,
And waits that way even now.

When the child was a child,

It threw a stick like a lance against a tree,
And it quivers there still today.

Saturday, November 04, 2006

Friday, November 03, 2006

J'écoute la Waldstein de Beethoven, et je ne peux m'empêcher de repenser à samedi soir ...
Je revois encore le piano, tout au fond de la salle du comptoir du jazz, dans une lumière bleue et noire. Ce grand piano noir, un piano à queue tourné de trois quarts vers la gauche. Et nous assises tout devant, un verre et une cigarette à la main. La fumée rajoute du mystère à ce renfoncement dans le mur. Autour des gens, beaucoup de gens assis à des tables rondes, parlant, buvant, riant. Et eux qui l'un après l'autre se lancent dans un face à face avec le piano. Les notes volent, tournent dans l'air, dans la fumée, dans les rires. Et une grande émotion m'envahit. Les Brahms se succèdent, nous font vibrer. Deux frères jouent un duo de guitare et nous transportent quelques instants dans une espagne méditerranéenne, quelque part, dans un champ de blé éclairé par un soleil généreux, une légère brise de vent qui ne parvient pas à dissiper la lourde torpeur. Mais le voila, Beethoven. Ses doigts fins et agiles courrent sur le clavier, ses cheveux bouclés bougent au rythme des trilles. Je vois son visage concentré et le tout est magique. Une bulle de bonheur, de beauté emprisonnée dans un instant.
La musique est finie, mais elle continue encore dans ma tête. Le champagne pétille sur la langue, le vin rouge coule dans les verres, et nos ventres se remplissent. La vie est belle. Le jazz a repris le dessus dans la salle, mais en moi c'est un carnaval de musiques. On danse. On sort. On se retrouve en boite. On danse, on fume on danse, et toujours cette sonate en moi tourne, tourne,-et il m'embrasse... - et tourne... Instant fugitif, qui se refermera à jamais, mais instant magique. Instant qui donne du goût à la vie, un épice exotique. Dans la mini rouge, on rentre. On est dans l'appart, on finit la soirée à parler. On fume et ca me monte à la tête, et je commence à m'endormir. Je les entends parler par bribes, mais ce que j'entends, et que je ne cesse d'entendre, surtout, c'est sa sonate à lui, la Waldstein. Les notes aigues, légères résonnent. Cette sonate a du goût, de la saveur même. Et un charme incroyable. De plus en plus fort ... je n'entends plus qu'elle. Et je m'endors, tout en sachant qu'à ce moment même tout s'achève... Et je souris... car c'est ca justement la vie. Attrapper les instants au vol, les garder dans sa paume le plus longtemps possible, jusqu'à ce qu'ils se soient totalement évaporés...

Tous les matins du monde sont sans retour...

P.Quignard,
Tous les matins du monde.

Thursday, November 02, 2006

Deux petites pierres blanches pour ce 2 Novembre 2006.
La première pour mon permis ! (Du premier coup !) Une petite victoire personnelle. Un réaffirmement de mon moi perdu dans cet univers impitoyable de la prépa...
Une deuxième pour avoir fait connaissance avec Nicolas. Du haut de notre filière "élitiste", on ne voit plus les gens normaux, qui pourtant ont des vies exceptionnelles. Qui réussissent, qui brillent dans leur domaine. Donc à un pédagogue talentueux ...

Tuesday, October 31, 2006

Boîte de nuit anarchique. Théâtre magique.
Tout le monde n'entre pas ... Seulement pour les fous.
Hermann Hesse, Le loup de Steppes.
Le mouvement de la rue, les flots de la mer.
Le vent, le ciel, l'éther. Tout s'affaire, tout se presse.
Tout se trompe, se délaisse.Ensemble et séparés ;
fidèles et trahis. Amours abandonnés,
méprisés, haïs.
Il n'y a qu'une pureté.

A Notre Amitié.

Monday, October 30, 2006

Marina : voici galets et coquillages ramassés récemment à la française plage de mon étrange coeur (j'aimerais que tu connusses toutes les étendues de son divers paysage depuis sa côte bleue jusqu'à ses plaines russes)

Rainer Maria Rilke, à Marina Tsvetaeva
Vergers

Thursday, October 26, 2006

. . .

Ah ! cruel, tu m'as trop entendue.
Je t'en ai dit assez pour te tirer d'erreur.
Hé bien ! connais donc Phèdre et toute sa fureur.
J'aime. Ne pense pas qu'au moment que je t'aime,
Innocente à mes yeux, je m'approuve moi-même ;
Ni que du fol amour qui trouble ma raison
Ma lâche complaisance ait nourri le poison.
Objet infortuné des ven,geances célestes,
Je m'abhorre encor plus que tu ne me détestes.
Les Dieux m'en sont témoins, ces Dieux qui dans mon flanc
Ont allumé le feu fatal à tout mon sang ;
Ces Dieux qui se sont fait une gloire cruelle
De séduire le coeur faible d'un mortelle.
Toi-même en ton esprit rappelle le passé.
C'est peu de t'avoir fuit, cruel, je t'ai chassé.
J'ai voulu te paraître odieuse, inhumaine ;
Pour mieux te résister, j'ai recherché ta haine.
De quoi m'ont profité tes inutiles soins ?
Tu me haïssais plus, je ne t'aimais pas moins.

(...)

Venge-toi, punis-moi d'un odieux amour.
Digne fils du héros qui t'a donné le jour,
Délivre l'univers d'un monstre qui t'irrite.
La veuve de Thésée ose aimer Hippolyte !
Crois-moi, ce monstre affreux ne doit point t'échapper.
Voilà mon coeur. C'est là que ta main doit frapper.

Saturday, September 02, 2006

L'Absolu.

Sunday, August 27, 2006

Indiscrétion au carrelet....
















Petit souvenir de Royan.
Ici c'est une porte de Talmont - la "perle de l'estuaire" comme on l'appelle. Un des plus petits villages que j'ai jamais vus : une église romane du XIème siècle, une petite grève, un port, et de petites rues pavées, bordées de maisons aux volets colorés ... Comme tout le monde l'a compris, Royan, c'est pas ma ville de prédilection... Mais les environs sont plutôt charmants. Meschers, par exemple, et ses habitations troglodites, le phare de Cordouan construit sous Henri III et perdu aux milieu des flots, ou encore la côte sauvage, l'île d'Oléron, le (tout) petit village de Fouras ... et puis le poisson ! Le Maigre, avis aux amateurs, c'est très bon ! Je ne m'y connais pas trop en poissons, et puis, je ne rafole pas ; là j'ai adoré ! en plus, les pauvres, on les attrape pendant la saison des amours : ils émettent un grognement que les pêcheurs entendent en collant leur oreille contre le fond du bâteau... (comme quoi les commentaires de la mini-croisière de 2heures30 qui m'a donné le mal de mer m'ont tout de même marquée :))

Paris, Je t'aime ...

Paris s'apprivoise petit à petit. Je revois des photos que j'avais prises l'année dernière, et je me remémore les impressions que me donnaient tous ces lieux, désormais familiers. C'est étrange comme l'espace se redessine. Le luxembourg c'est maintenant presque l'Espace Vert du Bois saint Lys. Mais Paris a beau devenir familier, il garde toute sa dignité, et peut être même en gagne-t-il. Ce qui était avant des lieux et monuments à "ne pas rater", à "prendre en photo", que l'on regardait avec un regard qui dans le fond n'était pas bien différent de celui des photomaniaques chinois et japonais, a pris maintenant un tout autre sens. Notre-Dame est pour moi comme une mère, le Panthéon comme - un père ou un grand-père. La première m'apporte calme, consolation, le second me sructe jour et nuit pour m'ordonner le sérieux, j'entends sa voix grave résonnant dans ma cage thoracique et disant " Travaille ! ". Montmartre c'est un peu la maîtresse que l'on n'avoue pas visiter. On s'échappe un jour des contraintes quotidiennes, on fuit vers cette femme coquette et si belle. Métro qui nous emmène loin de tout, on se fond dans la masse, et nous voila arrivés dans un quartier méconnaissable - car la belle est parée mais vit entourée de pauvreté... Les moments passés là bas sont magiques. Certes ils sont rares et courts, mais je ne veux pas lui forcer la main. Car elle perdrait tout son charme pittoresque et mystérieux. J'ai passé de longues minutes dans le sacré coeur, perdue dans une méditation sur la vie, la beauté, les hommes. Je n'ai pas réalisé comment, mais d'un coup je me trouvait sur les marches de l'église, aveuglée par tout Paris à mes pieds, Paris dans un brouillard méditatif, un Paris spirituel, un Paris qui prolongeait ma réflexion et qui m'invitait à la continuer avec lui. C'était merveilleux. Et puis on redescend sur terre... On descend la butte, on passe dans de petites rues à caractère si charmant, et puis on est de nouveau dans la misère quotidienne. Mais on ne la voit pas cette vie morose, grisé par les minutes d'amour passées là haut, quelque part...

_le 10 Février 2006

Radio On

Dimanche, à l'Utopia... On cherchait un film sympa. On s'est dit qu'avec un tel titre, on aurait au moins de la bonne musique. Et on n'a pas été déçues...


1979. Christopher Petit. Road-Movie dans le style de Wim Wenders. David Beames et Liza Kreuzer dans les rôles principaux.

David Beames découvre la mort de son frère. Il part alors dans un voyage qui le mène de Londres à Bristol pour comprendre les circonstances étranges de cette disparition. Il croise sur son chemin un déserteur de l'armée d'Irlande du Nord, une femme allemande divorcée et complètement perdue, un guitariste hantant une station à essence... ( joué par Sting ! un de ses premiers rôles, c'est lui qu'on voit sur la photo). C'est comme une longue balade romantique dans un paysage de la post-modernité. Les personnages et l'histoire s'effacent derrière la bande-son : une alternance de silences et de musiques néo-rock (David Bowie, Kraftwerk, Eric Wreckless, Devo ...), de bruits et de sons. Le bruit de la mer, le crissement de la neige sous les pneus de la voiture. Et ces personnages presques muets, semblant atrophiés de tout sentiment.

Je pensais d'abord que ce film ne finirait jamais. Je me révoltais contre cette passivité intolérable. Mais petit à petit, je me suis laissée emporter par le rythme nonchalant, la beauté sombre et mélancolique de cette petite perle noire et blanche. Et le réveil à la réalité a été long et difficile... Les couleurs trop vives des vêtements, les paroles trop vivantes. J'entendais le bruit de la chaîne à vélo d'Héléna, une clé qui tournait dans la serrure, et les talons qui frappaient le sol. Et lentement, comme les brumes d'un sommeil profond, tout s'est dissipé, et je me suis réveillée. J'étais déjà chez moi.

A White Stone ...



Alors puisqu'il faut commencer, et que j'ai le complexe de la page blanche, c'est ainsi que je commence ...
Une pierre blanche ... Pourquoi ?
Simplement parce qu'il fallait donner un titre à ce blog, et que m'est revenu en mémoire un livre. Je ne me souviens plus du titre, je ne sais même plus de quoi il parlait en substance... Je me rappelle seulement qu'un des protagonistes avait pour habitude de marquer chaque évenement important de sa vie d'une "pierre blanche". Alors je prends cette image. Chacun de mes articles sera une pierre blanche qui marquera un instant de ma vie, une pensée ou une réflexion, à défaut d'une excellente mémoire ...
Voila, je ne savais tellement pas que dire, que j'en ai oublié l'essentiel ...
Bienvenue !