Saturday, November 04, 2006

Friday, November 03, 2006

J'écoute la Waldstein de Beethoven, et je ne peux m'empêcher de repenser à samedi soir ...
Je revois encore le piano, tout au fond de la salle du comptoir du jazz, dans une lumière bleue et noire. Ce grand piano noir, un piano à queue tourné de trois quarts vers la gauche. Et nous assises tout devant, un verre et une cigarette à la main. La fumée rajoute du mystère à ce renfoncement dans le mur. Autour des gens, beaucoup de gens assis à des tables rondes, parlant, buvant, riant. Et eux qui l'un après l'autre se lancent dans un face à face avec le piano. Les notes volent, tournent dans l'air, dans la fumée, dans les rires. Et une grande émotion m'envahit. Les Brahms se succèdent, nous font vibrer. Deux frères jouent un duo de guitare et nous transportent quelques instants dans une espagne méditerranéenne, quelque part, dans un champ de blé éclairé par un soleil généreux, une légère brise de vent qui ne parvient pas à dissiper la lourde torpeur. Mais le voila, Beethoven. Ses doigts fins et agiles courrent sur le clavier, ses cheveux bouclés bougent au rythme des trilles. Je vois son visage concentré et le tout est magique. Une bulle de bonheur, de beauté emprisonnée dans un instant.
La musique est finie, mais elle continue encore dans ma tête. Le champagne pétille sur la langue, le vin rouge coule dans les verres, et nos ventres se remplissent. La vie est belle. Le jazz a repris le dessus dans la salle, mais en moi c'est un carnaval de musiques. On danse. On sort. On se retrouve en boite. On danse, on fume on danse, et toujours cette sonate en moi tourne, tourne,-et il m'embrasse... - et tourne... Instant fugitif, qui se refermera à jamais, mais instant magique. Instant qui donne du goût à la vie, un épice exotique. Dans la mini rouge, on rentre. On est dans l'appart, on finit la soirée à parler. On fume et ca me monte à la tête, et je commence à m'endormir. Je les entends parler par bribes, mais ce que j'entends, et que je ne cesse d'entendre, surtout, c'est sa sonate à lui, la Waldstein. Les notes aigues, légères résonnent. Cette sonate a du goût, de la saveur même. Et un charme incroyable. De plus en plus fort ... je n'entends plus qu'elle. Et je m'endors, tout en sachant qu'à ce moment même tout s'achève... Et je souris... car c'est ca justement la vie. Attrapper les instants au vol, les garder dans sa paume le plus longtemps possible, jusqu'à ce qu'ils se soient totalement évaporés...

Tous les matins du monde sont sans retour...

P.Quignard,
Tous les matins du monde.

Thursday, November 02, 2006

Deux petites pierres blanches pour ce 2 Novembre 2006.
La première pour mon permis ! (Du premier coup !) Une petite victoire personnelle. Un réaffirmement de mon moi perdu dans cet univers impitoyable de la prépa...
Une deuxième pour avoir fait connaissance avec Nicolas. Du haut de notre filière "élitiste", on ne voit plus les gens normaux, qui pourtant ont des vies exceptionnelles. Qui réussissent, qui brillent dans leur domaine. Donc à un pédagogue talentueux ...