Thursday, December 18, 2008
Regards de Vide
16e/455 au concours Skyprods.
Il faut continuer.
Comme le texte est un peu trop long pour être affiché ici, il est là !
Regards de Vide
Monday, September 29, 2008
Un Cri d'Enfant
Je suis debout sur un trottoir du Boulevard Saint-Michel. Les gens se dispersent, les camions rouges repartent, la circulation reprend. Je suis toujours là, je regarde, j'ai mal, et ces petits pleurs enfantins résonnent à l'infini dans l'air.
Tuesday, September 16, 2008
Ah, la Vieillesse : la Sagesse ! (ou Comment Devenir Vieux En Quelques Leçons)
Ah, la Vieillesse : la Sagesse ! (ou Comment Devenir Vieux En Quelques Leçons).
Exemple Numéro Un, ou bousculade de la rue d'Ulm.
Notre premier modèle sera un petit vieux exemplaire. Il marche, courbé et grognant sur le trottoir droit de le rue d'Ulm (ou gauche, tout dépend de l'orientation), comme un corbeau vieux et rouillé, le torse du côté de la plus grande école de France, tournant le dos au Panthéon refuge des cancres de notre matière. Ruminant pensée noire sur pensée noire, il regarde les cinquante centimètres qui fidèlement le précèdent, et ne voit pas plus loin, en somme, que le bout de son long nez (ou du moins le feint-il : la est toute sa ruse). Dans son champ de vision secret apparaît soudain un couple marchant à sa rencontre, jeunes gens heureux et amoureux. Victimes idéales ! La jeune fille, jolie blonde en robe légère, serre amoureusement la main d'un élégant garçon aux brunes boucles intellectuelles et au sourire tendre. Ils marchent à droite du trottoir, leur droite à eux, et viennent de remarquer le petit vieux. Ils se serrent pour lui laisser le passage. Maintenant, observons bien.
Mouvement Un.
Le petit vieux ayant bien compris leur petit manège visant à éviter de rencontrer sa vieillesse rampante, dévie insensiblement sa trajectoire de sorte à ce qu'elle vienne intersecter par prolongement celle de leur main commune. La déviation et si subtile et si légère que lui seul en est conscient.
Mouvement Deux.
Le petit vieux appuie brutalement sur son accélérateur nerveux et rentre, tel un bolide en délire, au creux de l'amour juvénile. La jeune fille évite de peu le choc frontal, et s'en sort tant bien que mal avec un seul coup bref et sec dans l'épaule droite et un « Oh ! Pardon ! » naïf et surpris. Grave erreur. Cette exclamation permet au petit vieux d'enchaîner sur le troisième et dernier mouvement de sa symphonie antique.
Mouvement Trois.
Faisant volte-face (les ayant dépassés et distancés de deux mètres cinquante deux, il s'arrête), il lève sa canne et s'écrie : « Et alors ! Vous ne pouvez pas faire attention, non ?! » et devant la mine désolée et affligée de la jeune femme, il poursuit avec cette splendide interjection : « Petits c*** ! ». L'appréciation tombe d'elle-même : « Vieux c** ».
Exemple numéro deux, ou quelques calendriers fantaisistes chez Gilbert, boulevard Saint-Michel (papeterie).
Cette fois-ci, notre héroïne sera une dame, la soixantaine bien passée, cheveux courts et teints en roux artificiel, recouverte d'or. Elle se placera non loin du mur arborant les calendriers fantaisistes de la nouvelle année et attendre la victime. Une jeune fille au visage généreux et tendre entre accompagnée d'un ami aux allures douteuses, c'est-à-dire homosexuelles. (Victimes parfaites). Après avoir vadrouillé quelques minutes dans le magasin jaune, ils arrivent au mur des futures lamentations. De toute évidence, le garçon cherche un calendrier pour sa chambre d 'étudiant. Semble avoir trouvé. Hésite. La fille, devançant ses désirs se lève sur la pointe de pieds et esquisse un geste vers le calendrier des Dieux du Stade. Ah Ah, petit c**. Il veut se rincer l'œil... C'est le moment d'agir. Alors que le pied gauche de la jeune fille quitte le sol (elle tourne toujours le dos à son agresseur futur), la petite vieille s'avance et glisse furtivement le sien dans l'espace plane fraîchement délaissé. Au bout de quelques dixièmes de secondes, l'inéluctable sort s'accomplit : la fille repose son pied sur ce qu'elle croît être son territoire temporaire. Grave erreur ! Elle sent sa chaussure s'écraser sur quelque chose de mou et d'organique, et s'écarte immédiatement d'un bond effrayé, jetant un regard effarouché par-dessus son épaule. Cette action se passe sur moins d'une seconde, mais tout a été bien calculé. La vieille s'exclame d'un air outré et exacerbé : « Vous ne pouvez pas regarder où vous mettez les pieds ?! » Les pardons n'y feront rien. Appréciation immédiate : « vieille c***** ».
Exemple Trois ou dans le tramway B bordelais, pas si vieille mais si méprisante. Jeune fille intellectuelle.
Lit un livre en notant simultanément sur un petit carnet les pensées qui lui viennent. Un manteau sur les genoux, un sac à dos à ses pieds, un grand sac de courses sur le banc, le ticket de tramway dans la main gauche coincé entre les parties gauches du livre et du cahier. Elle attends ainsi le tram assise et perdue dans cette rêverie littéraire. (Victime idéale). Actrice parfaite : femme d'une cinquantaine d'années qui physiquement pourrait aisément échouer au test de vieillesse. Peau halée, port droit, vêtements de luxe et de goût, visage encore joli et relativement préservé des rides. (Bordelaise classique). Elle attends le tramway. Au même arrêt. A deux mètres de la jeune fille. Debout, visage crispé. Elle , n'a pas vraiment calculé son coup, mais est ouverte à toute opportunité. Le tramway ouvre ses portes. La jeune fille finit la phrase qui ne veut pas se finir, voit que les portes sont prêtes à se refermer, se lève d'un bond attrapant simultanément : son sac à dos, son sac de courses, sa veste ; tenant toujours dans les mains : son livre, son carnet et son ticket de tram ; appuyant sur le large bouton cerné de vert vif pour que la porte arrête de se refermer. La veste a été mal empoignée et elle ne peut s'empêcher de glisser vicieusement. Le livre doit rester ouvert à la bonne page (qu'elle pourrait retrouver en quelques secondes, mais elle n'est pas rationnelle). Alors, toute emmêlée dans ses affaires et dans sa précipitation, le premier pas qu'elle fait dans le tram est un peu trop généreux. La converse beige clair se pose indélicatement sur le derrière de la claquette dorée droite de la dame en mouvement : son pied droit rencontre une résistance ferme dans son ascension céleste alors qu'un son clair et léger perce l'air : « Je suis vraiment désolée ! » C'est là, sur cette faiblesse juvénile que la vieillesse entre en action. Une main posée sur la barre métallique centrale, l'autre le long du corps, sans marquer de pose dans sa marche, elle tourne légèrement la tête et transperce la jeune fille idéaliste d'un mépris foudroyant. Le temps d'un clignement de l'œil, et elle est déjà à l'autre bout du wagon, fière et totalement indifférente. Appréciation : « Vous venez de prendre un coup de vieux, Madame ». Remarque à l'appréciateur : C'est plutôt la jeune fille qui s'est pris un coup de vieille
Wednesday, July 16, 2008
Morgat. Coucher de Soleils ...
Rouge et Vert, le navire a jeté l'ancre.
Oranges lumières et leur doubles,
La ville dort, seul un bar veille.
Cigarette qui se consumme sans trouble
Le vin rouge réveille ses merveilles.
La vie s'essouffle, la vie s'éveille ?
Nuits bretonnes, nuits d'encres
Pluie fine, pluie claire,
Qui crépite sans trève
Comme un feu de bois que l'homme qui rentre
sait apprécier ; comme la mer
Dont la vague sa ns pareil m'appelle.
La jeune fille au verre a jeté le vin
A pris l'eau
A pris le rêve
Et s'envole.
Saturday, June 07, 2008
Wednesday, February 20, 2008
Hauteurs de Soleil
Je me souviens seulement du soleil froid hivernal égayant les Buttes-Chaumont, courant sur les verticales ; des promeneurs détendus et joyeux ; de mon propre rire amoureux ; de la légèreté de l'air, du temps ; de nous deux, heureux et amants aimant. Tu me touchais, me caressais, me regardais. Et je me sentais frémir et vibrer sous tes paroles d'amour. Pas un nuage n'est passé cet après-midi là sur mon front. Un vieux chemin de fer sous nos pieds, à l'ombre des arbres. Et ce temple romain, dressé fièrement comme un tableau de Friedrich, au-dessus de l'abîme d'eau claire, éclatant sous les rayons dorés. Je riais à gorge ouverte, nous jouions comme des enfants. Que je t'aimais à cet instant, ô toi, mon amant !
Mon écriture, maladroite et banale, est devenue indispensable à la beauté du monde.
Sans elle, quelle Beauté ? Quelle Poésie? Quel Ennui !
Et l'oubli ... qui guette chaque instant de ma vie. C'est elle seule qui peut le maîtriser. Dompter le passé pour qu'il ne s'enfuie plus comme un animal sauvage, un enfant turbulent.
Elle distille les intenses instants, créé une histoire, un socle solide qui donne consistance à ma vie.
Ecrire pour ne jamais être lue. Quel acte étrange, mais vital.
Ne jamais être lue? ca n'est pas correct. Puisque je me lis. Je me confronte à moi-même. Je fais vivre ma mémoire, je solidifie mon être. Et je constate mes évolutions, mes apprentissages, mes naïvetés, et je me place par rapport à moi-même, à défaut de le faire par rapport aux autres.
Tuesday, February 19, 2008
Banalité et quotidienneté. Désenchantement.
L'éclat de mon amour éblouissait les zones d'ombre. Je ne voyais que couleurs, musique, parfums.
Tout tourbillonnait tournait tellement.
Maintenant, une grande plaine plate. L'air est clair mais brumeux. De trop près, je vois des ombres des cailloux, des mauvaises herbes !
Le paysage nantais est agréable. Mais l'Italie me manque terriblement.
Où donc s'est enfui mon rêve ? Reviendra-t-il, et comment ?
Sunday, January 06, 2008
Friday, January 04, 2008
Parfois la vie semble tellement belle. On est tenté de dire merci à la providence.Il ne faut pas. Il vaut mieux bouder. La Providence aime peut-être les boudeurs : elle essaie de les amadouer.
Ne pas s'enliser dans le réel. (les noeuds)
Je vis. Il fait chaud dans la chambre. Il y a la lumière. Je prends un livre. Quand j'ai trop peur, je me blottis dans l'instant. Nid précaire.
Ionesco
Journal en miettes.
Thursday, January 03, 2008
Wednesday, January 02, 2008
D'où me vient donc cette incertitude des gens, de la vie ?
Parce que je suis seule dans un Paris hostile ce soir, enfermée dans cette solitude qui se rit de moi. Les seules personnes qui m'aiment suffisament (ma famille, la vraie) pour détester et m'aider à combattre ce vertige insurmontable sont loin, bien trop loin de moi. Tu ne comprends sans doute pas la portée de ce mot pour moi : la solitude. C'est un de mes démons, que je repousse avec constance et violence, qui m'effraye et me paralyse. Souvent je le vois me regarder, me guetter, et je sais qu'il n'attends que ca, cette soirée cette semaine. Il ricane, son rire se rapporche, déformé et monstrueux.
Ces vacances sont comme un trou noir dans lequel j'ai sombré... Si tu savais comme j'étouffe
j'ai besoin d'air et je ne le trouve pas
Ne me dis pas que tu m'aimes si tu me détruits ainsi
Car je suis seule, si seule
à cause de Toi

