Camus,
La peste.
Oran, petite ville Algérienne, vit d'une existence monotone, guidée par le travail et les simples plaisirs quotidiens, et ne se doute pas qu'il peut exister quelque chose de supérieur... Jusqu'au jour où l'on retrouve un, puis plusieurs, et rapidement des centaines de rats morts dans les rues et maison. Le récit de la lente descente aux enfers de la petite ville touchée par la peste au beau milieu du XXème siècle se fait par le médecin Bertrand Rieux, modeste professionnel. On suit la lente progression de l'épidémie jusqu'à son paroxysme et la libération finale de la ville. D'abord, on ne veut pas y croire, puis on est contraint à admettre. Alors commence le long exil d'une ville mise en quarantaine, exilée, séparée du reste du monde. Naissent les vrais sentiments, les gestes héroïques, ou les gestes simplement honnêtes. Certains y trouvent alors une manière d'atteindre leur idéal de sainteté, d'autres de professer la religion, d'autres encore d'étouffer leur crime. Plusieurs histoires s'entrouvent parallèlement - des connaissances de Rieux. Grand, le vieux fonctionnaire, qui à force de travail assidu a laissé partir sa femme : "I
l en est ainsi pour tout le monde : on se marie, on aime encore un peu, on travaille tant qu'on en oublie d'aimer". Cottard, criminel qui cherche à se faire oublier par cet évènement qui pour lui est heureux. Le prêtre Paneloux et sa prêche, un vieux qui trouve sa satisfaction quotidienne en crachant sur les chats qui passent sous sa fenêtre, jusqu'au jour où même les chats disparaissent :"
En temps de peste, défense de cracher sur les chats" conclut Tarrou, homme qui n'est jamais revenu du spectacle d'une condamnation à mort et qui cherche à tout prix à être "saint", c'est-à-dire éviter d'être un assassin quitte à se placer du côté des victimes. L'amitié que nouent Rieux et Tarrou prend fin à la veille de la libération par la mort brutale de Tarrou, emporté lui aussi par le grand mal alors que la femme de Rieux, partie avant "l'exil" pour se soigner succombe de sa maladie.
Ce livre porte en lui une dose d'optimisme, mais m'a laissé abattue.
Sans doute y a-t-il ici une image de l'occupation allemande, comme le laissent entre autre suggérer la date des évènement "194. ", l'exil de la ville, son déperissement, les interdictions de sortie, les couvre-feux, les tentatives d'évasions, les laissers-passer, le réveil des sentiments chez les simples habitants, et la libération.
"Le mal qui est dans le monde vient presque toujours de l'ignorance (...) il n'y a pas de vraie bonté ni de bel amour sans toute la clairvoyance possible"
"Rieux décida alors de rédiger le récit qui s'achève ici, pour ne pas être de ceux qui se taisent (...) et pour drie simplement ce qu'on apprend au milieu de ces fléaux, qu'
il y a dans les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser."
Camus