Un cri d'enfant et c'est un cri de douleur de l'humanité tout entière, abandonnée à sa propre bêtise, à son propre matérialisme stupide, ne voyant pas plus loin que le plaisir instantané et vain... Je revois encore ce petit être volant dans les airs alors que retentit le bruit fracassant des tôles, puis sa retombée sur terre. Icare non consentant, un cri de refus : "pourquoi ai-je mal? pourquoi cette douleur ? Je n'en voulais pas, je ne l'ai jamais demandée !" Une maman d'adoption pour quelques secondes qui pose son manteau de fourrure sur les pauvres vêtements, qui le caresse, et l'aime sans doute en ce moment même plus que son propre fils ... Il a froid. Le béton contre sa tête, contre son corps. il voudrait bien le quitter, mais il ne peut pas. Cette douleur ! Animale. Désespérante. Ce corps ne m'appartient décidément pas ... Je ne lui ai rien demandé ! Et lui, il me parle, me tire, m'engloutit dans un voile noir. Je veux en sortir je n'y arrive pas. Qu'elle cesse ! Les sirènes chantent comme dans un rêve grinçant. On me dit que tout ira bien. Que ces sirènes sont la fin de la douleur. Mais qu'ai-je bien faire de ces sirènes, de vous, de toi, maman d'adoption ... J'ai compris maintenant qu'il avait tous les pouvoirs sur moi, ce corps. Et cette douleur, si insupportable, n'est que le début. Quand elle cessera vraiment, elle m'aura happé. Ce n'est que le jour de ma propre mort qu'elle décidera enfin de me laisser et aller à d'autres occupations.
Je suis debout sur un trottoir du Boulevard Saint-Michel. Les gens se dispersent, les camions rouges repartent, la circulation reprend. Je suis toujours là, je regarde, j'ai mal, et ces petits pleurs enfantins résonnent à l'infini dans l'air.
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1 comment:
Coucou !
Je le trouve trop bien ton blog et je suis trop content que tu aies mis ce texte il me touche beaucoup alors j'en profite pour te faire un grooos bisou...
Ton Swann
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